RESCRIT publié à l’occasion de l’accession à la dignité de Prince-Abbé par S. Em. KOSHIN OHTANI, 24ème Monshu du Jodo-Shinshu Hongwanji-ha
La Religion Dans Le Monde Contemporain
L’ultime solution pour les souffrances humaines, la maladie, l’âge et la mort, réside dans la religion. La Grande Renonciation de Shakyamuni Buddha était motivée par sa réalisation profonde de ces maux et l’humanité ne peut que partir à la quête de la signification réelle de la vie quand elle est confrontée avec l’approche inévitable de la maladie, de l’âge et de la mort. C’est ici que se trouve la signification fondamentale de la religion qui n’est que recherche de la libération des souffrances.
L’homme vit à l’intérieur des limites de l’histoire; ni la société ni la religion ne peuvent survivre si elles ne tiennent pas compte de ce fait. Le monde actuel se caractérise par une fréquence sans précédente de changements et de bouleversements résultant de la rapide évolution de la science, de la technologie et de l’industrie. Ces pulsations affectent profondément les esprits.
Les progrès technologiques et économiques ont rendu possible la réalisation de bien des rêves de l’humanité, mais en même temps ils ont augmenté au-delà de toutes bornes les passions et le désir de possession. Cet égocentrisme refuse de prendre les autres en considération; il est à l’origine de nouvelles inégalités et de discriminations. Les nombreux « ismes » qui ont mis l’accent sur l’homme ont favorisé sa libération et le sens de l’égalité, mais ils ont également poussé l’homme à s’accorder une importance accrue, ce qui est la source de luttes et d’insécurités.
La rapide urbanisation de la société n’a pu qu’affaiblir le sens de la solidarité; l’accroissement des pouvoirs centralisés a provoqué l’érosion des fondations mêmes sur lesquelles l’individu peut s’appuyer pour son bien-être matériel et moral. L’homme est ainsi poussé à sa perte, étant privé de la capacité de voir les autres à leur juste mesure, de perdre le sens de leurs personnalités et même le sens de la noblesse de la vie même. De plus, ces facteurs influencent fortement l’évolution de la civilisation et de la culture, voire même de la religion, en minant les critères de leurs traditions.
Dans la présente époque critique, où l’existence même de l’homme est mise en cause, la religion ne peut pas n’être qu’une diversion temporaire. La religion d’aujourd’hui a la responsabilité de montrer la voie par laquelle l’humanité peut devenir vraiment humaine. Il ne sied pas que nous, religieux ou laïcs, nous soyons séduits par les puissances temporelles. Nous devons rester clairement conscients de l’enseignement auquel nous avons accordé notre confiance. Nous devons courageusement suivre la voie qui mène à la vérité, en unisson avec ceux qui partagent notre foi. Mais nous devons également nous appliquer de sérieux dialogues avec les autres dont les religions sont, de par leur histoire et leurs traditions, riches en vérité.
Le Jodo-Shinshu Et La Responsabilité De Ses Fidèles
La doctrine Jodo-Shin du Nembutsu, formulée par Shinran Shonin nous a été transmise durant plus de 700 ans par les générations successives de nos fidèles ancêtres. L’enseignement est riche de tradition, mais il y a une tendance se laisser dériver dans le formalisme. Il est donc de grande nécessité pour nous de reconsidérer profondément et de redécouvrir dans cette tradition le véritable esprit du Père Fondateur.
Le Jodo-Shinshu nous enseigne que nous avons la grâce de la foi par l’activité de la Puissance du Voeu Originel et qu’en vivant la vie du Nembutsu, nous connaîtrons la Naissance dans la Terre Pure et la Bouddhéité même. Celui qui entend et écoute le Dharma, qui s’y confie intégralement, qui vie la vie du Nembutsu, voilà le véritable adepte. Il place son absolue confiance dans le Voeu Originel d’Amida Buddha. Il est pleinement conscient qu’il n’est qu’un misérable, sujet à la naissance et à la mort, débordant d’avarices, de colères et de jalousies. Sa vie est une existence de contrition; mais parce qu’il est également éveillé à la certitude que la grande Compassion du Tathagata embrasse tous les êtres de manière identique et ininterrompue, sa vie est également une vie de fraternité et de confiance mutuelle dans les hommes. C’est ce qui lui permet de sortir de sa coquille d’isolation, d’égocentrisme et d’égoïsme et de se savoir activement concerné par la société et le bien-être de ce qui existe. Ce point de vue doit être également et immédiatement le comportement de l’ensemble de l’organisation du Hongwanji, qui doit avoir la porte largement ouverte sur le monde.
Cette politique de la porte ouverte souligne la partie principale du programme de notre Hongwanji. Elle se manifestera positivement dans les relations qui seront créées. Il va de soi que la propagation de notre foi dans le Nembutsu sera poursuivie pour que chacun de nous devienne un véritable fidèle, mais la responsabilité pour le bien-être universel, de demain et d’après-demain, devra être épaulée comme s’il s’agissait seulement de notre bien-être à chacun de nous. Il est donc vital que nous nous efforcions d’établir en nous-mêmes les fondations doctrinales et que nous les étendions loin au-delà des limites du Hongwanji, dans le monde entier. Les yeux ouverts sur l’avenir, nous devons enrichir d’une véritable culture religieuse la jeunesse d’aujourd’hui. C’est ici que se trouve la concrétisation du véritable développement du Hongwanji.
Face aux nombreux problèmes complexes et compliqués, qui apportent a l’humanité l’anxiété et la souffrance, la valeur d’une véritable religion se découvre. Entièrement conscient de l’héritage laissé par le Fondateur Shinran Shonin, je m’engage à ne pas m’abriter dans le calme relatif derrière des portes bien closes, mais en tant que fidèle du Nembutsu dans une ère nouvelle, je veux travailler à renforcer et élargir le cercle du Nembutsu et oeuvrer pour le bien matériel, moral et spirituel de tous les hommes.
Le 1er avril 1980.
MONSHU KOSHIN OHTANI
Plusieurs sympathisants de la religion bruxelloise ayant exprimé le désir de voir s’organiser des rencontres informelles, nous sommes à la recherche d’une formule simple qui permettrait de se voir tous les mois. Comme nous resterons “en petit comité”, un simple living, une cafetière, quelques tasses suffiraient déjà. Ces petites réunions se feraient l’un mois en français, l’autre en néerlandais. Qui a des suggestions, des propositions à faire ? Qui serait intéressé par cette idée? Qui participerait ? Ecrire ou téléphoner au Centre!
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