Une question qui se pose souvent, est celle de la situation de la Terre Pure. Faut-il prendre les descriptions des soutras à la lettre? Où se trouve la Terre Pure, hors de nous? Ou dans notre for intérieur, comme l’on dit certains maîtres de l’école Zen? Selon les interprétations du Jōdo-Shinshū, la Terre Pure n’est à vrai dire ni hors ni en nous. Elle est en quelque sorte co-existante à notre existence. Les Myōkōnins, ces étranges « saints »I bouddhiques, la décrivent comme étant “la porte à côté, d’où l’on sort et où l’on entre”. Cette conception dépasse la notion dualiste d’un “moi” et d’un “non-moi”; elle est l’ultime conséquence de la doctrine de l’anātman (anattā, en pāli) et représente ainsi la conception la plus purement bouddhique du salut. La meilleure réponse à la question « Où est la Terre Pure? », c’est: la Terre Pure se situe entre nos mains jointes.
Le Prof. Miyaji nous entretient des trois aspects de l’Illumination, vus par les différentes écoles du Bouddhisme. Il les compare aux différentes conceptions de parler d’un repas : un premier aspect explique les divers ingrédients, les façons de préparer; un deuxième aspect parle des avantages et des inconvénients; la troisième manière est de parler du goût et du plaisir gastronomique. On peut ainsi parler de l’Enseignement qui est fondamentalement un, sous le rapport de la discipline, de la méditation, des méthodes; ou sous le rapport de la philosophie de la Vacuité, de l’Origine en Interdépendance; le troisième aspect de considérer l’Illumination est la vision éclairée de l’existence ou de l’état d’Illumination qu’est la Terre Pure.
Dans la série consacrée à l’optique bouddhique, il est surtout question du problème du non-moi, par rapport aux conceptions de l’âme dans la métaphysique classique ou dans les psychologies contemporaines. C’est la conception de l’importance, de la prépondérance d’un moi qui conduit inévitablement aux situations conflictuelles que nous groupons sous le commun dénominateur de “la souffrance”.
Le glossaire comporte plusieurs notions fort importantes pour la compréhension de l’enseignement de Shinran Shōnin, tels que hakarai (calculs individuels), henji (région frontière) et ho (récompense).
En page 15, quelques notes sur le problème de la datation de la naissance, de l’illumination et du pārinirvāna du Bouddha historique. Plusieurs datations se sont confrontées par le passé et se confrontent encore actuellement, bien que les sérieuses études historiques récentes concordent pour admettre la date de -483 comme la plus probable pour l’illumination. Mais à vrai dire, cette discussion est d’ordre bien mineur. L’important, c’est le Dharma !
Quelques informations concernant le Bouddhisme en provenance du Bangladesh où les persécutions continuent, d’Autriche où le Bouddhisme vient d’être reconnu officiellement comme religion, de Pologne où se constituent divers groupes Jōdo-Shin, des Etats-Unis où l’administration du président Reagan veut imposer aux enfants bouddhiques une prière de classe d’inspiration chrétienne. Il y a également un compte-rendu du “Hanamatsuri” à Lille-Poederlee, d’une visite au Jardin des Plantes de Paris, où se tient une grande exposition consacrée aux grottes bouddhiques de Tun-huang, et de la journée nationale du Bouddhisme à Mariemont.
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Ekō 22 |
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